Informations globales sur les villes de Bretagne

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Informations globales sur les villes de Bretagne

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Concarneau
L'histoire de la ville ne commence donc qu'à la fin du
XIe siècle avec le choix de Concarneau comme siège de
la châtellenie ducale. Au XIIIe siècle, Jean II fait
construire l'auditoire de la cour de justice de la châtellenie dont
font
partie Fouesnant et Rosporden. A cette époque, le territoire
concarnois
est divisé entre les possessions du duc, de l'abbaye de
Landévennec et de l'évêque de Cornouaille à qui
appartient une partie du faubourg. En 1373, Du Guesclin tente de
reprendre la
ville aux Anglais qui la tenaient depuis trente ans ; après trois
assauts successifs, il y parvient grâce à l'aide de l'abbé
de la Malpaye.
Les XVe et XVIe siècles ont
apporté à la ville le moulin à marée sur la
rivière du Minaouët, ainsi que la plupart des chapelles et
églises de Concarneau et des agglomérations voisines. Les maisons
à pan-de-bois qui étaient encore visibles au XIXe
siècle ont subi incendies, plans d'alignement… et aujourd'hui il en
reste deux en Ville Close. A partir du XVIe siècle, un
type
d'architecture particulier apparaît à Concarneau : les maisons
à façade en pignon.

Dinan
Implantés dès le XIIIe siècle, les
couvents des Jacobins et des Cordeliers ne conservent du Moyen Age
qu’une
chapelle pour le premier; le portail, la cour intérieure et le
cloître pour le second. Avec le mur sud de la nef et le portail
ouest
sculpté vers 1120, on peut restituer l’état roman de
l’église Saint-Sauveur, reconstruite vers 1480 et augmentée
au nord d’un bas-côté, flanqué de cinq chapelles. Puis
le transept, le chœur et son déambulatoire poursuivent cette
reconstruction gothique à partir de 1507. Vers 1490,
l’église Saint-Malo est reconstruite à
l’intérieur du rempart. Chœur et transept sont rapidement
achevés alors que le reste de l’édifice, interrompu par les
guerres de Religion, n’est terminé qu’au XIXe
siècle. A la fin du XVe siècle, période
florissante, le pouvoir civil nouvellement créé, construit la
tour Communale (actuelle tour de l’Horloge). Ce
beffroi
matérialise par sa position centrale l’organisation de la
cité. Le patrimoine militaire se transforme au fil des
innovations techniques. Le premier témoignage de l’enceinte
primitive est la porte du Guichet (XIIIe siècle), puis
celle
du Jerzual (XIVe siècle) et de Saint-Malo (XIIIe
et XVe siècles). L’édifice dénommé
habituellement "donjon" ou "château" (actuel musée) est
constitué de deux demi-tours reliées par une
courtine, ses
dispositifs militaires contrastant avec ses éléments
d’architecture résidentielle.

Fougères
Après l’installation des Normands, le site de
Fougères se construit. L’objectif est de verrouiller un axe de
passage
sur cette zone frontalière franco-normande où la
Bretagne doit défendre pied à pied son indépendance. Si le
premier château de bois est incendié en 1166 par Henri II
Plantagenet, roi d’Angleterre, une seconde forteresse est
immédiatement reconstruite sur le site d’origine, conservant de
façon insolite la stratégie des douves en eau pour un
édifice encaissé au fond de la vallée. La faible
portée des armes de jet comme des premiers canons a permis de
maintenir
et d’adapter la forteresse jusqu’au XVe siècle. La
ville médiévale
se développe au sud avec la
première paroisse Saint-Sulpice. Cette église reconstruite
à partir du XVe siècle et achevée au
XVIIIe siècle conserve deux remarquables retables en
granit
. L’on y voit les armes ducales dans la chapelle
consacrée au culte marial et les instruments de la Passion du
Christ,
dans le bas-côté sud. Un second bourg est construit sur le
plateau, le Bourg-Neuf qui s’entoure de remparts pour garantir le
commerce
prospère autour des cohues
à sel, à chair et à blé.
En 1397, les libertés communales, acquises par la bourgeoisie, se
distinguent par une construction unique dans le duché breton:
un
beffroi à
l’identique des exemples flamands que les commerçants ont
côtoyés en allant vendre leur production textile. La seconde
paroisse, Saint-Léonard, est une église typique des
marches de Bretagne:
une nef charpentée et des chapelles perpendiculaires forment les
bas-côtés. On y trouve de beaux vestiges des vitraux du
XVIe siècle et un médaillon du XIIe
siècle.

Quimper
L’existence du roi Gradlon -à qui la légende
attribue la fondation de la ville autour des Ve ou VIe
siècles- ainsi que la fondation d’un évêché
remonteraient à l’époque carolingienne. La
cathédrale s’implante sans doute à l’emplacement
d’un castrum. Les
limites de ce dernier correspondent à la place de la Cathédrale
qui en effet s’est appelée "tour du Chastel". Le comte de
Cornouaille fonde l’abbaye bénédictine de Locmaria en 1020,
rattachée par la suite à Saint-Sulpice de Rennes, elle-même
dépendant de l’abbaye de Fontevrault. En 1239,
l’évêque Rainaud entreprend la construction d’une
nouvelle cathédrale. D’origine française, il accompagne
l’administration mise en place par le duc Pierre de Dreux, cousin de
Philippe Auguste. Cette influence française introduit
l’architecture gothique, notamment les arcs boutants qui restent
cependant
d’usage limité en Bretagne. Consacré vers 1280, le
chœur n’est d’ailleurs voûté qu’en 1410.
Dès les débuts du XIIIe siècle, la ville est
entourée de remparts avec quatre portes principales. Les
franciscains
fondent un couvent à l’intérieur de la ville des
évêques, tandis que la duchesse Constance entreprend la
construction d’un château fort au confluent du Steïr et de
l’Odet (1209). Le XVe siècle voit en 1424 poser la
première pierre des tours de la cathédrale. Leur
silhouette encadrant le portail occidental influence les
constructions de toute
la Cornouaille: Locronan, Pont-Croix... L’utilisation de la pierre
fine de
Kersanton pour la sculpture ou le raffinement des ateliers de
verriers se
retrouvent dans les églises du siècle suivant. Le pouvoir ducal
et son administration sont alors à l’origine de la
définition d’un véritable style
régional
.

Rennes
Des rues bordées de maisons à pans-de-bois, un
châtelet à deux tours couronné de
mâchicoulis, des
édifices religieux représentatifs de l’art breton entre le
XIe et le XVe siècle, tel est le patrimoine du
Moyen Age. Le seul témoignage de l’époque romane est
donné dans l’ancienne abbaye bénédictine
(Notre-Dame-en-) Saint-Melaine par une croisée du transept et une
tour-porche à voûte d’entrée et arcs latéraux
romans. Le gothique s’y exprime par un chœur conventuel très
important et les fenêtres hautes de la nef. La chapelle Saint-Yves
(autrefois attenante à l’hôpital du même nom) allie
décor flamboyant et finesse ligérienne sculptée
dans le tuffeau. Elle accueille l’exposition permanente
"Rennes,
ville d’Art et d’Histoire" (dès décembre 1997). De
l’installation des ordres mendiants perdurent le couvent des
jacobins
fondé au XIVe siècle, l’escalier à
pans-de-bois, souvenir des carmes, au sud de la Vilaine (rue
Vasselot).
L’église Saint-Germain, encore appelée église des
marchands merciers de la ville et le retable gothique anversois
présenté dans la cathédrale Saint-Pierre témoignent
de la prospérité économique des XIVe et
XVe siècles. Rennes a conservé de son enceinte
édifiée au IIIe siècle et reprise au
XVe siècle, la muraille qui conduit de la croix de la
Mission
aux portes Mordelaises. Ses portes piétonnes et charretière,
encadrées de deux tours, sont pourvues d’un boulevard et d’un
pont-levis en cours de reconstruction. En ce lieu, évêque et ducs
devaient, avant d’être investis, jurer "de défendre les
droits et privilèges de la Bretagne." Du fait de la présence de
forêts autour de la ville, la tradition médiévale de
la construction du pan-de-bois, caractérisée par robustesse,
solidité et qualité de mise en œuvre, se prolonge
au-delà des limites du Moyen Age. Aujourd’hui restaurées,
ces maisons sont empreintes de beaucoup de charme (rues du Chapitre,
de la
Psalette)...

Vannes
Le site de Vannes est dès le haut Moyen Age l’une des
principales forteresses d’une
marche.
L’expansion urbaine commence après le départ des
envahisseurs scandinaves. Au Xe siècle, une forteresse,
le
château de la Motte, est construite au nord de la ville close. Aux
siècles suivants, les évêques se consacrent à la
reconstruction de la cathédrale Saint-Pierre, suivant un plan roman
inspiré du Poitou et de l’Anjou. Face à ce sanctuaire, est
bâtie la cohue.
La cité change d’aspect, et dès le XIIIe
siècle, les ducs Jean Ier et Jean II aménagent
l’ancien castrum.
Vannes
est la troisième ville de Bretagne après Nantes et Rennes.
Le duc est maître de la moitié de la ville,
l’évêque et quelques seigneurs se partagent le reste.
Après la guerre de Succession, les ducs de Montfort font de
Vannes
leur lieu de résidence favori. Jean IV (1365-1399) ordonne la
construction du château de l’Hermine et l’agrandissement des
remparts sur une surface de 10 hectares. En 1419, la venue et la
mort à
Vannes
du dominicain espagnol Vincent Ferrier engendrent de nouveaux
pèlerinages. La cité se dote au XVe siècle de
premières institutions municipales. De cette époque faste
subsistent l’enceinte urbaine avec ses portes fortifiées et ses
tours majestueuses; quelques parties de la cathédrale restaurée
dans le style gothique à partir de 1450; la cohue dont certaines
arcades
intérieures et le porche, place Saint-Pierre, remontent aux
XIIe-XIIIe siècles; et les plus anciennes
maisons
à pans-de-bois ayant résisté aux sièges de la
guerre d’Indépendance.

Vitré
Création médiévale, la ville conserve
de ces siècles un riche patrimoine. Du château roman, des
années 1100, subsiste un portail monumental jouant de l’alternance
du granit roux et du schiste bleu-noir, permettant d’imaginer
l’importance de la résidence d’un des neuf anciens barons de
Bretagne. Le château du XIIIe siècle, en
maçonnerie de schiste bleu, englobe le château roman dans son plan
triangulaire beaucoup plus vaste. Sa reconstruction des XIVe
et
XVe siècles, par la famille de Laval-Montmorency,
est
très importante. Un haut et élégant châtelet
d’entrée associe éléments de défense,
manifestation de la puissance seigneuriale face aux bourgeois et
logis
confortable. A la fin du XVe siècle, des galeries
permettent
une circulation plus aisée dans le logis nord. L’enceinte de ville,
en schiste bleu, est édifiée au XIIIe
siècle, avec des tours semi-circulaires flanquant
régulièrement les
courtines.
Elevée dans les années 1480, la tour des Claviers a
été récemment mise en valeur, rue de la Borderie. La ville
close conserve son parcellaire médiéval et le tracé de ses
rues, malgré les percements du XIXe siècle. De
même, les anciens faubourgs, construits au départ des routes de
Paris (rue de Paris), de Saint-Malo (Rachapt), de Rennes
(Bourg-aux-Moines). Le
long de ces rues se succèdent les demeures des riches marchands.
Maisons
des XVe et XVIe siècles à pans-de-bois
présentent sur la rue le pignon, plus rarement le mur gouttereau
(maison
de la Porte d’En-Bas, 30 rue d’En-Bas), lorsque la réunion de
deux parcelles l’a permis. Elles sont toujours à encorbellement
au-dessus de la ou des rues (maison de l’Ile). Celles-ci sont
bordées, au moins d’un côté, de porches supportant
l’étage des maisons, et permettant un passage à couvert
favorable au commerce (rues de la Poterie et Notre-Dame). De rares
demeures en
pierre (Bol d’Or, rue d’En-Bas) présentent un autre type
d’habitation, séparé de la rue et de l’agitation
commerciale. L’église Notre-Dame, dans la ville close, a une
fonction priorale dans la longue chapelle axiale, le
"Chœur-aux-Moines",
reste d’un édifice antérieur, et une fonction paroissiale.
Reconstruite du milieu du XVe à celui du XVIe
siècle, elle est du type à pignons multiples, venu
peut-être des Pays de la Loire. Ce rythme architectural donne à sa
façade une grande élégance. Une chaire
extérieure en pierre, heureusement conservée, rappelle le
rôle du placître. Le décor gothique flamboyant
sculpté dans le grès fait de cette église un
édifice particulièrement intéressant. De l’ancienne
église Saint-Martin, dans le cimetière, subsiste la tour du
clocher, remarquable par son élévation et les lignes de ses
contreforts d’angle. La chapelle Saint-Nicolas, dans l’ancien
faubourg du Rachapt, desservait les hôpitaux. Vaste édifice
gothique flamboyant des années 1500, elle frappe par son beau
chevet plat, son décor intérieur de peintures murales et le
tombeau en enfeu de son
fondateur.

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